Histoire et technique del'impression à la planche

Les Orientaux sont les premiers à développer les techniques de l’impression sur tissu. En Europe, cet art millénaire connait au Moyen Âge une période très riche. Mais progressivement ce mode d’ennoblissement du tissu est délaissé.

Histoire

Au début du XVIIe siècle, la Compagnie des Indes Orientales créée par Colbert engendre un véritable phénomène de mode en important les premiers tissus imprimés à la planche venant d’Inde. Ces « Indiennes », frappent les contemporains par la vivacité et l’inaltération de leurs teintes. Ces cotonnades sont également d’une légèreté incomparable aux tissus aux motifs tissés. Le succès est sans limite et s’étend auprès de toutes les classes sociales.

  • XVII

     

    Au début du XVIIe siècle la Compagnie des Indes Orientales créée par Colbert engendre un véritable phénomène de mode en important les premiers tissus imprimés à la planche venant d’Inde. Ces « Indiennes », frappent les contemporains par la vivacité et l’inaltération de leurs teintes.
    Ces cotonnades sont également d’une légèreté incomparable aux tissus aux motifs tissés. Le succès est sans limite et s’étend auprès de toutes les classes sociales.

    Deux causes fondamentales déterminent l’attitude des soyeux lyonnais.

    • D’une part, la stricte réglementation à laquelle est soumise la manufacture lyonnaise lui interdit de répondre à une nouvelle demande.
    • D’autre part, les fabricants ignorent les règles d’utilisation des colorants indiens.

    Face à une concurrence à laquelle ils ne peuvent faire face, les métiers lyonnais de la soie et les manufactures royales de laine s’insurgent contre cette activité.
    Dès 1686, le Conseil d’État du Roi interdit successivement l’importation, la fabrication et même le port de vêtements façonnés avec des Indiennes. La prohibition encourage néanmoins une très forte contrebande.

  • 1734

     

    En 1734 seulement, le secret des toiles indiennes est percé grâce au rapport du capitaine Beaulieu sur les imprimeurs de Pondichéry et aux progrès de la chimie tinctoriale. Devant la persistance de la demande, l’autorisation générale d’imprimer est accordée le 5 septembre 1759. Une douzaine d’ateliers lancent alors cette activité à Lyon.

    Mais après cette période d’enthousiasme, la crise économique qui suit l’effondrement de l’Empire, conduit de nombreux fabricants à fermer les portes de leurs ateliers.

  • XIX

     

    Au XIXe siècle, le procédé est repris avec une application toute particulière, l’impression à la chaîne : les couleurs sont appliquées à la planche sur les fils de soie liés et maintenus par un premier tissage temporaire.
    Le tissage définitif n’a lieu que lorsque la chaine imprimée est placée à nouveau sur le métier à tisser.

    L’impression directe sur tissu est aussi très couramment employée avec des planches de bois gravées ou des planches en cuivre rouge gravées en taille douce. L’impression au cylindre de cuivre gravé, inventée en 1783, ne peut être employée pour la soie. Le coût élevé de l’impression à la planche et sa faible capacité de production conduisent à limiter son emploi à de petits métrages de luxe.

  • 1920

     

    L’Intense période de création des années 1920 verra des artistes renommés collaborer activement avec des maisons de soieries lyonnaises tels Sonia Delaunay et Raoul Dufy.

    Pour réaliser leurs créations artistiques et pallier aux insuffisances de la technique ancienne, les soyeux lyonnais tentent alors de mettre au point un nouveau système d’impression qui puisse être appliqué à toutes les étoffes. Un très ancien procédé japonais, le pochoir, leur fournira un début de réponse…

La technique

La fabrication des planches d’impression se déroule en de nombreuses étapes et exige le concours de plusieurs intervenants : dessinateur, graveur, fondeur, chimiste…

En premier lieu, le dessinateur réalise une maquette gouachée à taille réelle.

Le motif est décomposé par le graveur en fonction du nombre de couleurs le composant. Une planche par couleur devra être réalisée. Leur superposition permettra le rendu du motif dans son intégralité.

La composition du motif est également repensée par rapport à sa multiplication tant dans le sens de la hauteur que de la largeur. C’est aussi au graveur que revient cette tâche d’organiser visuellement ce rapport de dessin, c’est à dire sa répartition.

Le graveur fait le choix de l’outillage à graver :

    • les planches de bois en relief sont utilisées pour des dessins de petite taille (entre 20 et 30 centimètres de hauteur de rapport)
    • les plaques de cuivre en creux sont réservées aux plus grands dessins (plus de 40 centimètres de hauteur de rapport).

Le graveur prépare sa planche. Sur le dos de celle-ci, il creuse deux petites cavités parallèles pour lui permettre de tenir son outil bien en main. Sur sa face bien rabotée, il reporte le tracé du dessin original à l’aide d’un papier noirci au noir de fumée et à l’huile. Posant dessus le dessin qu’il veut reproduire, il en suit tous les contours avec un poinçon à l’extrémité émoussée. Puis en suivant le trait noir, il peint avec un pigment rouge dilué les surfaces qui doivent rester en relief.

La planche est ensuite gravée et toutes les zones non colorées sont évidées sur une profondeur de 2-3 mm grâce à une riche panoplie d’objets tranchants et percutants. Il peut être amené à compléter le motif par l’insertion de fines lamelles de cuivre courbes ou rectilignes pour restituer la finesse des traits du modèle original. La planche, une fois gravée, est pourvue sur ses 4 angles de picots qui serviront de repères à l’étape de l’impression.

Une fois le jeu de planches élaboré en fonction du nombre de couleurs, le dessin est contrôlé :

le graveur fait un premier test d’impression sur papier qui porte le nom d’empreinte.

À la fin du XVIIIe siècle apparaissent les plombines, fabriquées grâce au procédé de clichage. Ce procédé consiste à couler un alliage de plomb dans un moule de bois gravé en creux, la matrice, pour réaliser certains éléments du motif, qui sont ensuite fixés sur une planche, appelée plombine. Ces éléments peuvent être bien évidemment produits en autant d’exemplaires que nécessaire. Cette technique permet la réalisation de motifs d’une très grande finesse (parfois 1 mm). A l’instar des planches d’impression gravées qui demeurent des pièces uniques, le clichage permet également la duplication des plombines.

 

Pour imprimer un motif sur soie,

      • nos imprimeurs commencent par tendre l’étoffe uniformément sur la table d’impression à l’aide d’aiguilles.
      • Ils préparent ensuite l’encrier qu’ils imbibent uniformément de la couleur désirée. La face gravée de la planche est alors imprégnée de teinture par pression dans l’encrier.
      • La planche est ensuite délicatement posée sur la pièce de soie en commençant par les picots qui saillent à l’angle et délimitent les rapports du dessin.
      • Une fois le bloc posé sur le tissu, il doit être frappé deux ou trois fois à l’aide d’un maillet afin d’appliquer une pression rapide et uniforme.

L’encre déposée sur les surfaces en relief teinte alors la soie… Le procédé est renouvelé en fonction du nombre de couleurs et donc de planches nécessaires à la réalisation du motif complet.

Nous sommes fiers de compter dans notre atelier plus de 12 000 blocs d’impression, véritables œuvres d’art dont certaines ont plu de 200 ans, que nous continuons à utiliser pour la réalisation de pièces uniques dans un espace dédié à l’Atelier. 

Bienvenue à l’atelier Brochier Soieries

Infos pratiques

L’Atelier est ouvert au public en accès libre du lundi au vendredi de 9h30 à 13h et de 14h à 18h30, le samedi de 9h à 13h et de 14h à 18h.

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L’Atelier Brochier Soieries
33 rue romarin - 69001 Lyon
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INITIATIONS AUX ARTS DE L’IMPRESSION

Initiation au peint-main sur soie

Durée de l'initiation : 2h

Sur réservation

De 1 à 4 personnes

120 € / personne

Lieu : L'Atelier Brochier Soieries

Entrée au Musée Soieries Brochier offerte !

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En savoir plus sur l'initiation au peint-main sur soie

L’initiation au peint-main sur soie proposée par notre dessinatrice est une expérience créative unique.
Durant deux heures, vous découvrirez les techniques de peinture sur soie et créerez votre propre carré de soie personnalisé.
Anna vous guidera tout au long du processus de création, en vous fournissant des modèles de motifs textiles inspirants, des outils adaptés et les matériaux adéquates. Installés face aux longues tables de peint-main sur lesquelles les rouleaux de soie sont tendus, vous pourrez découvrir, 2 heures durant, les secrets d’un savoir-faire lyonnais très prisé des grands couturiers du XXeme siècle.
L’initiation est disponible à partir de deux personnes et s’adapte à votre niveau que vous soyez débutant ou peintre expérimenté. Elle est l’occasion idéale de partager un moment hors du temps entre amis ou en famille (enfants à partir de 8 ans).
Une fois la séance terminée et votre carré de soie en poche, n’hésitez pas à visiter le musée Brochier Soieries qui vous permettra de découvrir l’histoire des liens étroits qui unissent les 4 générations de la famille Brochier aux grands artistes et grands couturiers de ce siècle. Car maintenant, cette histoire est elle aussi un peu la vôtre!…

Initiation à l'impression au cadre à la lyonnaise

Durée de l'initiation : 2h

Sur réservation

De 2 à 5 personnes

250 € / personne

Lieu : L'Atelier Brochier Soieries

Entrée au Musée Soieries Brochier offerte !

En savoir plus sur l'initiation à l'impression au cadre à la lyonnaise

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